Free-lance ou salariée, comment choisir ?

Moi free-lance ! Depuis toute jeune, j’ai toujours eu comme modèle le schéma classique du salariat et je n’avais jamais imaginé avoir un autre statut dans ma vie professionnelle. Mon papa a été salarié longtemps avant de devenir avec peu de succès entrepreneur, j’ai été marqué par ses échecs que j’ai vécu étant adolescente et le côté rassurant du salariat était une évidence pour moi, même si l’aspect plan-plan de ce statut m‘effrayait un peu.

Suffisamment en tout cas pour refuser l’idée de passer des concours administratifs tout au long de mes études de droit, alors que mon entourage m’y poussait.

La lourdeur de l’administration et la sécurité de l’emploi, loin de me faire rêver m’angoissait. Mais pour autant, je ne me voyais pas autrement que salariée. Dans le privé.

Ce n’est qu’il y a quelques années, lorsque j’ai été licenciée économique et que j’ai vraiment entamée ma reconversion professionnelle, passant de juriste à community manager/rédactrice web que j’ai envisagé de laisser tomber le salariat. Forcément, lorsque l’on se lance en auto-entrepreneur, on se prend à rêver de pouvoir vivre un jour correctement de ce statut et de ses missions.

Malheureusement, ce n’est pas aussi simple et je remercie Pôle emploi d’avoir été là pour assurer mes arrières de débutante entrepreneuse chancelante.

free-lance

Lorsqu’aujourd’hui, on me pose la question de mon statut, j’ai du mal à répondre. Je suis une alternante et cumularde.

Je vais depuis plus de trois ans de CDD en CDD, de missions free-lance en missions free-lance … ce qui en soit me convient plutôt bien. Alterner les périodes où je bosse de la maison aux périodes où je retrouve des collègues de boulot est plutôt plaisant. Comme je suis un caméléon, je m’adapte vite et comme je me lasse vite, cette situation ne laisse pas de répit à ma lassitude de s’installer. Toujours en mouvement, ça me va plutôt pas mal. Même si c’est beaucoup de boulot, impossible de renoncer à ses clients lorsque l’on est en poste fixe, ce sont eux qui nous feront vivre lorsque le contrat sera terminé.

Dans l’absolu, je pourrais rester comme ça sauf que.

Sauf que mon compagnon est aussi freelance. Lui depuis longtemps et il n’a pas cette volonté du tout de renoncer à ce statut qui correspond tellement à son caractère. Le salariat n’est vraiment pas fait pour lui.

Alors deux freelances dans le couple … est-ce-possible sur le long terme ? Comment obtenir un prêt immobilier ? comment déménager en location, les agences et les propriétaires étant encore trop arrêtés sur le schéma parfait – selon eux – des CDI, même si l’on sait qu’ils ne protègent de rien et surtout pas de la précarité ? comment gérer les périodes creuses, les clients défaillants x 2, pour lui et moi ?

J’aurai 20 ans, et même 30 ans, je ne me poserai pas de questions mais à 40, avec un enfant, un chien, toujours pas propriétaire …

Je m’interroge beaucoup quant à la possibilité de rester dans cette configuration et je crains de devoir renoncer à ce mode de vie pour m’adapter aux contraintes de la société, même si mon compagnon est le premier à m’encourager pour rester dans le statut qui me convient le plus. J’ai bien peur que la raison l’emporte sur le cœur …

Et vous, que pensez-vous d’un couple composé de deux freelances ? Gros danger ou réalisable selon vous ?

Ah là là, décidément, la vie professionnelle n’est pas un long fleuve tranquille 🙂

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